L’intestin et son microbiote, organes-clés de notre santé !

L’intestin et son microbiote, organes-clés de notre santé !

Un vieux dicton médical disait que « la mort commence dans le côlon ». Autrement dit, que les personnes qui avaient des gros problèmes digestifs avec constipation, ballonnements, flatulences, douleurs, diarrhées, avaient déjà un pied dans la tombe. 

Les troubles de l’intestin se manifestent par des douleurs abdominales, diffuses ou localisées, avec des sensations de spasmes ou de crampes, des troubles du transit (diarrhées, constipation) ou des ballonnements.

L’intestin et son microbiote jouent un rôle absolument fondamental dans la santé de l’être humain. Le microbiote détermine presque tout : le stress, le bon fonctionnement du métabolisme, l’humeur, l’appétit, l’évolution génétique, la santé de vos enfants à venir, l’immunité, le vieillissement…

Le microbiote et le cerveau communiquent ensemble en permanence. On a même découvert tout récemment qu’il y avait dans votre cerveau les mêmes bactéries que celles que l’on trouve dans votre microbiote ! Retrouver un bon équilibre bactérien dans le microbiote aurait donc une incidence sur vos pensées, vos humeurs. L’inverse est vrai également. Le stress noue le ventre, bloque le nerf vague et favorise la fermentation du grêle.

Qu’est-ce que le microbiote ?

Le microbiote intestinal humain (anciennement dénommé flore intestinale) est un écosystème complexe et fragile en grande partie hébergé dans le tube digestif (mais il existe également au niveau respiratoire, vaginal et cutané) : ce sont des bactéries, des virus, des levures… tout un ensemble d’êtres vivants (100 000 milliards de micro-organismes), qui vivent leur vie dans la nôtre et qui ont chacun leur rôle, et notamment de se nourrir de nos déchets métaboliques. Ils sont donc indispensables.

La colonisation microbienne débute à la naissance. Le tube digestif du nourrisson à la naissance est dépourvu de bactéries. La mère fournit à son bébé par l’accouchement et ensuite l’allaitement ses propres bactéries, fécales, vaginales et cutanées, d’où l’importance d’avoir une flore intestinale saine avant la grossesse .

Avec le temps et nos habitudes de vie, le microbiote change et chaque individu dispose d’un microbiote personnalisé et unique.

Une personne en bonne santé aura son équilibre personnalisé en organismes vivants, levures, champignons, bactéries. Tout devrait être toujours en équilibre : ainsi, à chaque fois qu’une population prolifère, une autre s’affaiblit. Si on prend par exemple des antibiotiques, on tue toutes les bactéries, et la population des levures et des champignons augmente (candidose). Inversement si on prend des antifongiques pour soigner une candidose on affaiblit les bactéries (dont les saines).

Qu’est-ce que la dysbiose ?

Lorsque, à la suite d’une mauvaise alimentation, de la prise de médicaments comme les antibiotiques, la pilule, etc. ou à cause de la pollution, le microbiote se trouve détérioré, on parle de dysbiose. Ce n’est donc rien d’autre que le déséquilibre chronique du microbiote intestinal. Le bon ratio entre bactéries, levures et champignons au sein de l’intestin n’est plus respecté.

Qu’est ce qui provoque la dysbiose ?

La dysbiose est toujours liée soit à une mauvaise alimentation, soit à une alimentation mal digérée ou mal métabolisée.

Erreurs alimentaires: excès de sucre, alcool et le tabac, mauvaise alimentation causant des déficiences nutritionnelles (zinc, magnésium, glutamine) et vitaminiques chroniques (vitamine D, certaines vitamines B, la coenzyme Q10)

Intolérances alimentaires (caséine et gluten notamment) : des jeunes voire de très jeunes enfants ont guéri de leur eczéma à la suite d’une modification de leur alimentation, notamment en supprimant le lait, et de nombreuses études démontrent l’intérêt des régimes sans gluten et sans lactose dans la guérison des maladies inflammatoires articulaires.

Absence de mastication efficace permettant de « pré-digérer » les aliments et notamment les sucres lents dont la digestion démarre dans la bouche. Les aliments arrivant à l’intestin mal découpés provoquent de la fermentation (prolifération de mauvaises bactéries et une inflammation de l’intestin).

Maladies et médicaments : prises d’antibiotiques d’anti-inflammatoires ou d’aspirine excessives ou trop fréquentes,  infections chroniques à levures et champignons comme les candidoses (conséquence et cause de la dysbiose), maladie cœliaque etc.

Stress chronique : souvent associé à un manque d’activité physique régulière

Quelles sont les problématiques de santé liées à une dysbiose ?

Les grandes pathologies chroniques, inflammatoires et/ou infectieuses

Les troubles digestifs : « côlon irritable », douleurs intestinales spasmodiques, crampes, gonflement, gaz, troubles du transit de type constipation, diarrhée ou alternance des deux, reflux œsophago-gastriques, douleurs d’estomac, mauvaise haleine chronique

La baisse de l’immunité : vous tombez souvent malade, maladies auto-immunes telles spondylarthrite ankylosante, arthrites, polyarthrites, tendinites, thyroïdites, pancréatites, lupus, eczémas graves dits « atopiques », migraines, etc…) dues à l’augmentation de la perméabilité de l’intestin grêle.

Les maladies neurologiques, maladies neurodégénératives, anxiété ou dépression chronique inexpliquée, TDA/H (voir article sur le TDA/H), autisme, baisse du moral (C’est l’intestin qui produit 95% de la sérotonine, ce neurotransmetteur qui influe sur nos comportements et notre humeur)

Une prise de poids inexpliquée (les personnes en surpoids ou obèses ont une flore intestinale particulière qui les empêche de maigrir – une mauvaise flore intestinale est aussi associée au diabète – ou au contraire, incapacité de prendre du poids

Les problèmes de peau (eczéma) et allergies

Certains cancers et maladies neurodégénératives (Alzheimer et Parkinson en particulier)

Les solutions

Il est possible d’agir directement sur notre microbiote, de protéger nos bactéries « amies » et d’empêcher sa dégradation pour retrouver la santé.

La première chose, c’est d’arrêter de TUER vos bonnes bactéries: arrêter d’avoir peur des microbes, de tout laver, de vous laver les mains tout le temps avec des produits détergents…

Évitez à tout prix les dentifrices au triclosan, un produit chimique qui détruit toute la flore buccale, ainsi que les bains de bouche antiseptiques. Et bien sûr, évitez autant que possible les médicaments et les antibiotiques, quand ils ne sont pas absolument nécessaires.

Mais si vous voulez retrouver une belle flore intestinale, alors il va falloir agir sur votre alimentation (au choix : diète méditerranéenne, régime GAPS, sans FODMAP, Seignalet, sans lait sans gluten ) dont les points communs sont une alimentation diversifiée et « colorée » n’entraînant ni déficiences nutritionnelles ni excès de fermentation (peu de sucres rapides) ou de putréfaction (pas trop de viande) + des périodes de jeûne plusieurs fois dans l’année.

Les compléments alimentaires de la dysbiose

  1. Prébiotiques, probiotiques, symbiotiques

Les prébiotiques sont des fibres que l’on ne digère pas, qui nourrissent directement le microbiote. Où trouver des prébiotiques ? Les aliments intéressants sont par exemple l’artichaut, l’ail, l’asperge, le topinambour, la banane ou la racine de la chicorée, les fruits, les légumes et le miel.

Les probiotiques sont des bactéries qui appartiennent à la flore intestinale. Ce sont de “bonnes bactéries” naturelles qui s’installent dans vos intestins pour éliminer les “mauvaises bactéries”. Ils aident aussi à bien digérer les aliments et à les transformer en nutriments vitaux : vitamines, acides aminés, etc.

Kombucha, thé fermenté

Il y a peu de substances naturelles qui agissent de façon aussi rapide et efficace! Le problème est qu’il existe des milliers de souches probiotiques différentes et vous pouvez donc trouver à peu près tout et n’importe quoi sur le marché des probiotiques en complément alimentaire. Si vous avez déjà pris des probiotiques et que les bienfaits n’ont pas été aussi probants que vous le souhaitiez, c’est probablement parce que les souches contenues dans votre produit n’étaient pas les bonnes. N’hésitez pas à me consulter pour avoir des conseils sur les bons probiotiques à acheter.

Les probiotiques naturels sont des aliments qui ont fermenté (choucroute, kombucha, kefir..). Le kéfir de fruits par exemple est très digeste, il apporte des bactéries qui vous aident à assimiler les vitamines, les minéraux et les protéines, et certains témoignent qu’il limiterait les envies de grignoter.

Les symbiotiques, quant à eux, sont un mélange des deux, destiné à renforcer l’effet des “pré” et des “pro” biotiques pris séparément.

2. La L-Glutamine

La glutamine est l’acide aminé libre le plus abondant du sang humain. Il représente, avec les microbiotiques, le complément le plus important de la dysbiose. En tant que précurseur du neuromédiateur GABA, la L-glutamine agit comme un véritable « carburant du cerveau » et favorise la concentration et la vigilance. Elle aide à diminuer l’envie et le désir de sucres rapides chez certains sujets boulimiques de type dépressif. Les doses conseillées sont de 1500 à 3000 milligrammes/jour

3. La lactoferrine

La lactoferrine est une glycoprotéine, l’un des constituants les plus actifs du colostrum (la première forme du lait maternel) et du petit-lait. C’est un antioxydant puissant qui a aussi des propriétés immunostimulantes, antivirales et antimicrobiennes remarquables. Elle a des propriétés antibactériennes directes (sur Escherichia coli, la salmonelle, le staphylocoque doré), antifongiques (infections à Candida albicans) et même antivirales, car elle stimule naturellement la croissance des bifidobactéries

4. Boswellia Serrata

Le Boswellia Serrata est un arbre de taille moyenne d’origine indienne. La résine de cet arbre est utilisée depuis longtemps dans la médecine traditionnelle ayurvédique pour diminuer l’inflammation articulaire. Elle est connue pour favoriser le bien-être intestinal, cutané et celui des muqueuses respiratoires. Une étude élucide les mécanismes induits par le Boswellia Serrata dans la protection de la barrière épithéliale intestinale vis à vis des dommages inflammatoires. On le trouve sous forme de complément alimentaire, les doses conseillées sont de 200 mg trois fois par jour en cure courte, éventuellement en cure longue en cas de douleurs articulaires chroniques.  Mais je n’ai personnellement jamais testé ce produit chez mes consultants.

5. Le curcuma

Ses propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires, antifongiques, antibactériennes et hépato-protectrices ont une action sur de nombreuses pathologies. La curcumine est préconisée en complément des traitements des maladies gastro-intestinales inflammatoires de l’intestin dont la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn.

6. La quercétine

 Elle est anti-inflammatoire, antioxydante et ses actions antivirale et anti-infectieuse se rapprochent de celles de la vitamine C. Elle améliore la perméabilité capillaire, diminue l’agrégation plaquettaire et aurait une action directe sur les mitochondries, foyer de la respiration cellulaire. Les dosages préconisés sont proches de ceux de la vitamine C : entre 350 et 700 mg par jour. Si vous prenez déjà de la vitamine C, alternez avec de la quercétine. 

7. La chlorophylle

La chlorophylle est un régulateur de la fermentation intestinale et contribue à diminuer la production excessive de gaz. C’est pour cette raison qu’elle neutralise les mauvaises odeurs corporelles et la mauvaise haleine (halitose). Elle contribue à réduire les cas de muguet et de mycoses en relation avec Candida Albicans.

Les autres nutriments pour contrer la dysbiose

D’autres nutriments que l’on retrouve dans des « complexe anti-dysbioses » sont également conseillés : les vitamines A, E, B et D ; Les carotènes ; Les bisglycinates de zinc et de magnésium ; Les extraits de fruits rouges et de marc de raisin ; Les ferments lactiques ; le glutathion qui joue un rôle essentiel dans la régulation du stress oxydatif.

Personnellement, comme vous l’avez peut-être déjà lu dans ma bio, j’ai consommé le trio pâtes-pain-yaourts pendant des années, par goût mais aussi par facilité, rien à cuisiner, vite prêt vite avalé…et je ne comprenais pas pourquoi j’avais tout le temps mal au ventre. Le gastro-entérologue consulté ne constatait aucune anomalie au niveau des organes. Même après ma maladie auto-immune (révélatrice d’une dysbiose) je n’ai pas fait le lien entre mon alimentation et ma santé; ce n’est que bien plus tard que j’ai dit adieu au gluten et au lactose, et que j’ai pris soin de mon microbiote: je ne le regrette pas un seul jour car j’ai désormais une santé de fer, mais aussi une vitalité et une énergie que je n’avais pas à 20 ans !

En conclusion, retenez qu’un grand nombre de maladies commencent dans l’intestin et doivent être, le plus précocement possible, traitées par la nutrition et la supplémentation nutritionnelle ! Prendre soin de votre ventre, c’est mieux vous AIMER, pour mieux vous entendre avec ceux qui vous entourent et mieux les aimer.

Article inspiré par les conseils du Dr Rueff notamment

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Cet article a 2 commentaires

  1. Vous me faites vraiment plaisir en allant « approfondir » le sujet, ce qui montre votre implication et votre soif de connaissance.
    Je suis sure que vous avez en vous toutes les ressources tendant à l’équilibre corps-esprit.
    Et si j’ai été le petit bouton déclic dans cette aventure, j’en suis vraiment ravie.
    Belle journée, et plein d’autres à suivre !
    Nathalie

  2. Lagarde

    Comment un échange riche et bienveillant peut égailler une journée de confinement.
    Se rendre compte que l’ensemble des « petits » soucis du quotients sont tous liés et forment une chaine logique.
    Merci Nathalie pour ce rendez vous complet et encourageant.

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